"Nous sommes tous dans la boue, mais certains d'entre nous regardent les étoiles"
Oscar Wilde

lundi 26 juin 2017

Mon Festival de Cannes épisode 4 : Le jour d'après d'Hong Sang-soo

Bonjour les lecteurs !


On continue la série spéciale Cannes avec un film coréen, Le jour d'après d'Hong Sang-soo, pour lequel les critiques avaient été plutôt élogieuses sur la Croisette !

La scène d'ouverture du film se situe dans l'appartement d'un couple coréen sans âge précis. Lui déjeune calmement, tandis qu'elle l'attaque violemment, l'accusant d'avoir une maîtresse. Il éclate de rire, nie en bloc, s'amusant de la réaction de cette femme en colère.
Dès cette première scène, le ton du film est donné : il y sera question de couple(s) et de jalousie, de mensonges et de tromperies.
Plus tard, le même homme se rend à son travail, une petite maison d'édition qu'il dirige seul. Il accueille cordialement Areum, sa nouvelle employée dont c'est le premier jour. Autour d'un café, il l'interroge posément sur sa vie, se montre empathique et curieux. Areum semble charmée, accepte de déjeuner avec lui. Un incident va alors troubler le calme de cette première partie : la femme du patron, persuadée d'être trompée, débarque dans la maison d'édition et agresse la pauvre Areum. S'ensuit une magistrale scène de confrontation entre l'homme et les deux femmes, durant laquelle le héros se retrouve obligé d'avouer la vérité à sa femme : sa maîtresse n'est pas Areum, mais son ancienne employée, qui a démissionné. Le film semble alors s'apaiser de nouveau, mais le héros n'est pas au bout de ses surprises lorsque l'amoureuse disparue refait surface à son tour !
C'est ainsi à un délicieux vaudeville coréen que nous invite le réalisateur, réunissant tous les ingrédients du genre, et en profitant pour dresser un tableau de l'âme humaine et de ses failles.
Hong Sag-soo n'est pas tendre avec son personnage, qu'il nous dépeint comme lâche, incapable de défendre son employée face à sa femme ou sa maîtresse, incapable de choisir entre sa femme légitime et celle qu'il aime. C'est un homme en proie avec ses sentiments que nous montre le réalisateur, qui ne parvient pas à résister à ses pulsions, même s'il se sait injuste : ainsi, il n'hésite pas à congédier sa nouvelle employée au profit de sa maîtresse, alors même qu'il l'a suppliée quelques heures plus tôt de rester à son poste !

Hong Sang-Soo parvient habilement à mêler les pistes en montant en parallèle des scènes du passé entre le patron et sa maîtresse, essentiellement des disputes houleuses sur fond de beuveries, et des scènes de repas avec sa nouvelle employée. En jouant sur la temporalité, le film donne une impression d'éternel recommencement, comme si le héros était condamné à commettre les mêmes erreurs indéfiniment.
C'est aussi ce que peut signifier l'épilogue, qui retrouve le héros du début de retour à la case départ, face à une Areum qui elle seule a su s'extirper de cette histoire avec honneur.

Pour porter cette chronique sur les sentiments, Hong Sang-soo utilise de nombreux plans fixes, sur un noir et blanc esthétique donnant un côté intemporel ; et lorsque la neige apparaît, c'est presque au conte que le récit s'apparente.

Ainsi, avec Le jour d'après, Hong Sang-soo nous propose une oeuvre toute en douceur, pleine de poésie, sur les rapports humains et les relations amoureuses.



Prochain et dernier épisode de la série "Mon Festival de Cannes" : L'amant d'un jour de Philippe Garrel


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